Point sur le secteur des Transports en Arménie

Origine : Revue Objectif Est / été 2003

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Le développement du secteur des transports fait partie des moyens de générer une croissance économique durable et de permettre à la plus petite des anciennes républiques de l’Union de se sortir de sa situation difficile. En effet, plusieurs secteurs dépendent de celui-ci : les mines et le bâtiment, le tourisme.

L’EXISTANT

Les Chemins de Fer :

Le réseau (825 Km de voies électrifiées) se caractérise par ses structures obsolètes, sa lenteur, et sa main d’œuvre en sureffectif. Il a subit une dégradation de son environnement extérieur, avec la fermeture des frontières turques et azerbaïdjanaises. Ainsi, entre 1989 et 1999, les chemins de fer arméniens ont perdu 93% de leur trafic en volume.

Les réformes de l’Etat depuis l’indépendance ont porté sur le changement de la grille des tarifs, la destruction des structures et du matériel trop ancien et une réduction de personnel. On note également la restructuration de 1998 : les chemins de fer arméniens sont divisés en trois entreprises d’état – fret, capital roulant, infrastructures ; cette restructuration devait se traduire à la fin de l’an dernier par la disparition de la Direction du Rail du Ministère des Transport et la fusion des trois entités en une seule entreprise, placée sous la responsabilité de l’Etat.

Les Routes :

Le maillage des routes arméniennes (7 700 Km) est bien développé et permet  l’accès à toutes les régions du pays, même les plus reculées. Deux administrations sont compétentes pour la gestion du réseau : la Direction des Routes du Ministère des Transports pour les routes régionales interurbaines, et les mairies locales pour les routes municipales. La Direction des Routes a acquis une importance stratégique dans l’administration du secteur, du fait que la majorité du fret marchandises et du trafic passagers se fait par voie routière. On peut dire qu’elle produit un résultat conséquent, dans la mesure où elle gère les projets initiés par l’aide étrangère (voir plus loin) : ainsi, les routes arméniennes les plus utilisées sont maintenues en bon état.

Les transports Urbains :

En Arménie, les bus et minibus constituent le moyen de transport le plus pratique et le plus fiable. A Erevan la ligne de métro, fonctionne correctement mais sa desserte est limitée ; les revenus générés par le métro sont peu élevés, et les moyens alloués par l’Etat pour sa maintenance sont, en comparaison, disproportionnés. Enfin, les trolleybus circulent partout dans la capitale, mais ne se révèlent pas très fiables en raison des coupures fréquentes d’électricité sur le réseau urbain et surtout l’absence d’entretien des véhicules, qui provoquent chaque année des accidents graves.

Les transports aériens :

L’infrastructure est composée par trois aéroports internationaux – Tsvarnots et Erebuni près d’Erevan, Gumri dans la région de Shirak – et 9 aéroports locaux non militaires, bien que la plupart ne soient plus en état de fonctionnement. Les aéroports commencent à manifester les signes d’une obsolescence avancée – l’état des pistes et de la signalisation au sol laisse parfois à désirer, et les passagers doivent oublier les notions occidentales de confort. En septembre 2002, le gouvernement arménien et la compagnie argentine Aeropuertos Argentinos 2000 dirigée par Eduardo Ernekian, ont signé un accord portant sur la concession pour trente ans de l’aéroport d’Erevan-Tsvarnots.

 

LES QUESTIONS QUI SUBSISTENT

Certes, l’Arménie a fait l’objet de la sollicitude et de la compétence des bailleurs de fonds internationaux. Cependant, plusieurs interrogations restent aujourd’hui non résolues.

Rail

Le secteur a besoin de provisionner des fonds dans les prochaines années pour remplacer les ponts et structures physiques en mauvais état, mais aussi pour renouveler le parc de wagons et de locomotives, dont le cycle de vie a largement été dépassé. De plus, les Arméniens doivent penser à entamer une coopération concrète et efficace avec les autorités géorgiennes dans la sphère des chemins de fer. Enfin, les trois entreprises d’état qui gèrent le réseau doivent se voir attribuer une structure directoriale, incluant des représentants du secteur privés, qui sauront prendre des mesures d’amélioration de la rentabilité du rail national.

Routes

Là encore, en premier lieu, la coopération doit être entamée avec la Georgie : en effet, le très mauvais état de la partie géorgienne de la route Tbilissi – Erévan est un facteur pesant sur l’accessibilité par le nord du réseau routier arménien. Phrase effacée…Il semble que l’Arménie ne soit pas en mesure de maintenir celui-ci en bon état sans les budgets de l’assistance extérieure. Des mécanismes internes de financements doivent être pensés dès à présent pour les années à venir.

Air

L’Etat arménien semble avoir joué la carte de la facilité en accordant la concession de l’aéroport de Tsvarnots à des étrangers. En revanche, il s’embourbe dans les affaires de la compagnie nationale Armenian Airlines : celle-ci semble très près du dépôt de bilan depuis 2001 ; elle a été plusieurs fois l’objet d’appels à privatisation, mais n’a pour l’instant attiré aucun investisseur étranger. La compagnie est grevée de dettes, et les sociétés de sous-traitance (assurance, fourniture des repas à bord), n’ont pas été réglées depuis plusieurs mois. Enfin, les appareils soviétiques de la flotte ne satisfont plus aux nouvelles normes européennes anti-bruit, et sont frappés d’interdiction d’atterrissage en Europe de l’Ouest.

Conclusion

« La désorganisation des transports en Arménie est représentative d’une planifiction soviétique basée sur des régions économiques et ignorant les frontières administratives intérieures. L’éclatement de l’URSS a non seulement mis fin à cette cohérence mais a également entraîné sur le plan intérieur la perte des subsides habituellement alloués par le Centre. A l’image de certaines régions russes, l’Arménie peine à rénover ses infrastructures sans une intervention extérieure orientée sur les grandes infrastructures routières et les axes transnationaux. »

Article écrit par Roby

Origine : Revue Objectif Est / été 2003

Written by admin on June 20th, 2006 with no comments.
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