OUKRAGRO 11 - La lettre du Club agroalimentaire France-Ukraine
La lettre du Club agroalimentaire France-Ukraine - numéro 11 - mars 2007
Editorial
Dans les campagnes, on ne s’intéresse guère à l’agitation des milieux politiques de la capitale. En sillonnant les terres, à deux pas de l’aéroport de Borispol, malgré la pression spéculative qui se ressent si vite (ici devrait passer le prochain périphérique, et il n’y a plus un hectare disponible), les entreprises agricoles préparent avec soin les semis. Le renouvellement du matériel par rapport à l’an passé est frappant. En allant vers Tcherkassy, là où le tchernozem est le plus épais et le mieux arrosé, les immenses parcelles, noires et propres, délimitées par les haies brise-vent, préconisées il y a plus d’un siècle par les fondateurs de la science des sols, font penser à un jardinage à grande échelle, tant le travail y est soigné, régulier, précis. Plus au sud, vers Kirovograd, alors qu’on s’approche de la steppe sèche, et que le tchernozem perd en puissance, le soin n’est pas moins grand. Les petits lopins des fermes de la population, et les grandes parcelles des agroholdings forment un même damier de terres préparées pour produire. Dans les premières, près des maisons, on a labouré, avec un cheval ou un petit tracteur, hersé, roulé, semé, ratissé avec tous les membres de la famille ou avec les voisins. Dans la plaine immense, où la terre s’étend à perte de vue dans un paysage dont on peine à trouver l’échelle, on a calculé les passages, les doses, les allers-et-venues des bennes pour approvisionner les trains d’outils du « travail minimal » ou du « non travail ». Les blés ont plutôt bien passé l’hiver. Les blés de soja sont évidemment plus verts. Les nouveaux entrepreneurs agricoles, sillonnent leurs domaines, enregistrent les données, mobilisent les analyses agronomiques effectuées dans chaque parcelle, parfois dans chacune des centaines de « payes » qui les composent comme s’ils avaient des années de pratique. Les puissants engins sont reliés par GPS, et on commence à s’intéresser aux ordinateurs embarqués pour ajuster les doses de fertilisant ou de produits de traitement aux besoins : l’agriculture industrielle n’est pas nécessairement la moins « durable »…
L’an passé, sur le même itinéraire, il y a avait encore des terres abandonnées ou mal cultivées. Cette année, tout semble mis en état dans ces zones à haut potentiel. On ne craint que la sécheresse installée depuis plusieurs semaines, particulièrement sensibles sur les semis avec fertilisation localisée. L’Ukraine est bien engagée dans sa stratégie de reconquête de son immense potentiel de production végétale. Et les quotas de l’an passé n’y changeront rien ; ils donnent l’occasion de parler un peu de l’agitation politique kiévienne, avant de revenir aux questions concrètes, la lutte contre les mauvaises herbes, les limites de l’utilisation des pesticides et des désherbants, la recherche de la qualité à chaque étape de la production. Mais pourquoi voit-on si peu de français, eux dont l’expérience est si grande, et qui pourraient tant faire ici ?
Malgré le calme qui se maintient sur le front de la grippe aviaire, l’élevage est dans une moins bonne situation. Le pays reste déficitaire en viandes et la recapitalisation est lourde alors que l’argent vaut plus de 18 %.
La lettre du Club agroalimentaire France-Ukraine - numéro 11 - mars 2007
Article posté par JJH
Written by JJH on May 15th, 2007 with
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